Il est des films pour lesquels on résiste longtemps, parce qu’on n’est pas emballé plus que ça, jusqu’à ce qu’une âme charitable qui veut votre bien-être culturel vous y traîne par la peau des fesses…
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Mon avis sur le sujet est tranché en deux, à l’instar de ce film qui se révèle être très manichéen. Sur le plan scénaristique, c’est en effet aussi subtil que : le bien (les gentils autochtones qui ne demandent rien de plus que rester en communion avec leur milieu naturel) versus le mal (les sales chiens de capitalistes –dixit le Chat Potté- qui viennent exploiter la planète)… Et tout raser naturellement, y compris les arbres sacrés, ça va avec.
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On tombe dans tous les gros clichés
vieux comme le monde et qui énervent la populace à savoir le
colonel américain bodybuildé hystérique et patriote
jusqu’au bout de sa coupe en balai
brosse, le jeune chef de projet tête à claques sans une once
de savoir-vivre, le frère hargneux et protecteur, les méchants
vraiment méchants qui veulent faire maaal et tourner trois fois le couteau dans la
plaie, les ennemis qui deviennent des alliés et j’en
passe… 
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Le scénario est cousu de fil blanc, on
sait qui va mourir, pourquoi comment et quand, ainsi que les
conséquences que ça va avoir. Ou alors j’ai un esprit
supérieur à la moyenne, ce qui est possible aussi. 
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C’est ultra consensuel et dirigé de manière à ce que tout le monde s’y retrouve avec de bonnes vieilles valeurs fédératrices des masses. Attention je spoile un peu ! La jouissive revanche des autochtones contre les envahisseurs me fait doucement marrer quand on sait que le film est surtout diffusé dans des pays qui ont été amenés à en coloniser d’autres…
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Parce que Avatar, ce n’est ni plus ni
moins que l’histoire de Pocahontas revisitée par James Cameron. Sauf que
ça se passe sur une autre planète, Pandora, qui porte un
bien joli nom d’ailleurs. Le héros suit le parcours
initiatique type, du salaud inconscient et formaté de base
jusqu’au Sauveur de toute une nation qui aura au milieu du
film le temps de se faire jeter un minimum parce qu’il était
une tête de bocal à la base.

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Néanmoins, sur le plan visuel, j’ai adoré le
rendu des personnages Na’vis.
C’est vrai qu’avec toutes ces couleurs flashy on en
prend plein les mirettes pendant 2h30 (et encore, je ne l’ai
pas vu en 3D), mais vivre dans un monde en technicolor ne
me dérange pas, bien au contraire. Ca aurait même tendance à me
donner la pêche. Les couleurs, surtout en nocturne, m’ont
rappelé les grands fonds marins, et notamment les
documentaires d’Alastair Fothergill,
avec toutes ces petites bestioles qui pulsent de
la lumière fluo. Certaines petites créatures, en
particuliers les délirants petits lézards tournoyants, en sont peut-être
inspirés…
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J’ai adoré la recherche sur la faune et la flore, le rendu
des couleurs et des textures, comme la peau des Na’vis qui
est piquetée de petits points phosphorescents la nuit venue. Et j'adoOore le
bleu, ça m'apaise... Ces personnages en eux même ont
d’ailleurs une très belle gestuelle, fine, élancée et
sauvage, même si là encore formatage il y a…
Car le peuple des Na’vis
ressemble à une brassée de clones et ne comporte aucune
créature difforme ou handicapée. Ils sont tous beaux, sains et
vigoureux. N'est-ce pas merveilleux... Vers l’uniformisation
des
masses ?!
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Sinon les couleurs en nocturne m’ont vraiment charmée, surtout les empreintes de pas plus claires qui restent quelques instants imprimées avant de disparaître. Un peu comme le modèle de ce que devrait être l’empreinte de l’Homme sur la Nature…
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C’est un paradis bien cruel qui nous est montré là,
puisque totalement inaccessible, et pourtant si chamarré et
attrayant (oui, un de mes grands rêves est de sauter d’arbre
en arbre à moitié nue dans une jungle moussue
). Et si on va encore plus loin, le lien
unissant chaque membre de la tribu à un autre, ainsi qu’à
chaque être vivant, passé ou présent, est loin de me laisser
indifférente. C’est une véritable Utopie qui est ici présentée, ou chaque être vit
dans le respect de l’autre (d’où le terme de paradis,
car nous pauvres humains en sommes bien incapables). C’est
l’éveil de la Kundalinî, ou
éveil de la conscience permettant de se relier à
l’Universel.
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Donc même si ça reste du divertissement de masse, il
m’a quand même bien fallu quelques minutes à la fin du film
pour me reconnecter au monde réel, ce qui me laisse penser que le
charme a été assez puissant pour me
faire voyager… Ce qui au fond est déjà une belle réussite.



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